J2 : Quartier mal aimé ?

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Visite guidée avec les membres de l’association Le Teil, vivre bien, et d’autres locataires et propriétaires de la rue Kléber.
Une quinzaine de personnes accompagnent la visite, réunies pour la plupart par le président et les membres de cette l’association. D’autres personnes se joignent petit à petit, rencontrées au hasard des ruelles.
Nous rappelons les objectifs de ce portrait de quartier, notre place dans la médiation entre la municipalité et les habitants, et la volonté des élus d’engager des processus de concertation et de création de projets sur des enjeux d’amélioration du cadre de vie.

Le fait de rencontrer plusieurs personnes propriétaires de biens immobiliers nous apporte une autre vision du quartier: « nous en tant que propriétaires, on a besoin de louer et de valoriser le quartier. Allez dans les agences immobilières, ils vous diront ce que les gens pensent de Kléber quand on leur propose un logement ! »

Du nord au sud de la rue Kléber et dans les ruelles, nous sommes finalement une quinzaine à déambuler toute la matinée pour échanger sur la vie du quartier, et surtout consigner précisément, pas à pas, les problématiques urbaines: circulation, parking, vétusté et dangerosité de certains bâtiments, hygiène des bacs à ordures, accès incendie, traitement des sols, vacance de certaines habitations, réseaux d’eau anciens.
« En plein été, on a vu les asticots traverser la rue, sans parler des mouches ! » raconte un vieux monsieur, voisin d’un bac à poubelles.
La question des ordures sur certains « points chauds » ciblés (école, place Danton, Renaissance) est en effet le point noir relevé par la quasi totalité des habitants interviewés. Pourtant la Communauté de Communes rappelle tous les efforts produits ces dernières années et la nette amélioration de la propreté générale de la rue au regard de ce qu’elle était avant et qu’il serait bon de ne pas oublier d’où on part sur cette question.

La caractère patrimonial de Kléber comprend deux faces opposées d’une même médaille: la grande qualité architecturale et urbaine d’un quartier resté relativement intact, « dans son jus », le grand calme et le charme de ses ruelles, mais aussi la vétusté qui s’amplifie, le besoin de rénovation et la grande nécessité d’adapter les espaces publics et les habitats à de nouveaux modes de vie.
Les modes de vie d’autrefois ne sont pas ceux du monde d’aujourd’hui. Ceux-ci ne permettent plus un entretien collectif et quotidien des espaces, et le turn-over de certaines habitations en mauvais état ne facilite ni le maintient ni la valorisation des logements.

« Kléber, c’est le quartier de l’éclipse (peu de lumière) et c’est le quartier des clebs (saleté, crottes de chiens) »
(Un habitant du Teil)

Poésie urbaine ?!
Les constats sous forme humoristique ont aussi leur efficacité !

La situation est complexe, nous ressentons des urgences de changements autant qu’un grand attachement au quartier.

Comme nous le rappellent la Mission Locale et l’association Logements Vallée du Rhône dont les bureaux sont situés dans la rue Kléber « il y a une image tellement négative sur le quartier que de nombreuses personnes, même en situation de grande précarité, ne veulent pas venir y habiter ni même venir visiter. Pourtant nous on y vient quotidiennement, on s’y sent bien, au calme, et nos bureaux à l’ancienne en plafonds voûtés ne sont pas de banals cubes de béton comme dans d’autres villes« .

Vincent, éducateur de la Sauvegarde de l’Enfance (ADSEA, service implanté aussi dans le quartier) explique qu’il y a presque 10 ans la mise en location de plusieurs logements très insalubres par un promoteur peu scrupuleux dans des logements complètement insalubres avait contribué à alimenter une réputation de quartier « crasseux, insécure et de mauvaise réputation ».

« Moi j’aime ce quartier, il me fait penser au Panier à Marseille, il a beaucoup de charme et les gens y sont accueillants. Il y manque un lieu de vie sociale, fédérateur, car finalement la grande diversité sociale ne fonctionne pas si mal au regard d’autres quartiers de la ville et d’ailleurs« .

Alors Kléber ?
Quartier charmant ? Quartier insécurisant ?
Sale? Beau ?
Mal aimé? Admiré ?

En conclusion de cette journée, Kléber nous apparaît bien comme fortement contrasté à la fois dans ses aspects urbains et dans les préjugés qu’il véhicule.

Nous irons glaner d’autres regards en dehors du quartier, dans les agences immobilières et sur le marché hebdomadaire place des Sablons…

Une nouvelle habitante explique qu’elle, son mari et ses enfants ont fait un vrai choix de venir s’y installer il y a quelques années: « on est venus plusieurs fois et on a bien aimé l’ambiance, les voisins. J’ai trouvé beaucoup de charme à ce vieux quartier. Même s’il y a un gros boulot de rénovation, on habite un quartier historique avec beaucoup de proximité de services et de liens sociaux ».

carte mentale enjeux
Début d’une carte mentale

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